Fiche · Étape 3, créer ta musique
Utiliser un sample
Un sample, c'est un morceau d'un enregistrement existant que tu reprends dans le tien. Même très court, il appartient à quelqu'un, et même deux fois : à ceux qui ont écrit la musique, et à ceux qui l'ont enregistrée. Voici comment faire les choses proprement.
Fiche mise à jour le 24/10/2026, d'après le Code de la propriété intellectuelle, la Cour de justice de l'Union européenne (arrêts Pelham de 2019 et du 14 avril 2026) et les conditions de Splice et des distributeurs.

En bref
- Il faut deux autorisations : celle des auteurs et de l'éditeur (l'œuvre), et celle du label (l'enregistrement).
- « Moins de quelques secondes, c'est libre » est faux : un échantillon même très court est une reproduction, sauf s'il est méconnaissable.
- Si tu rejoues le passage toi-même (re-play), tu n'as plus besoin du label, mais toujours de l'éditeur.
Deux autorisations, pas une
Même avec ces deux accords, les auteurs gardent leur droit moral : couper, déformer ou détourner leur œuvre peut leur porter atteinte (article L121-1). La carte de l'argent
Le mythe des quelques secondes
Il n'existe aucune durée « libre ». En 2019, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que prélever un échantillon, même très court, est une reproduction soumise à l'accord du producteur. Une seule exception : l'échantillon est modifié au point d'être méconnaissable à l'écoute.
Le pastiche, depuis avril 2026. La même Cour a précisé qu'un sample peut relever de l'exception de pastiche s'il dialogue de façon reconnaissable avec l'œuvre d'origine : hommage, imitation de style assumée, détournement humoristique ou critique. Ce n'est ni un fourre-tout ni une excuse pour copier : les juges français n'ont pas encore dit comment ils l'appliqueront.
Tes options
Faire autoriser, étape par étape
Côté distributeur
- Les distributeurs demandent de déclarer les éléments tiers, même libres de droits, et peuvent retirer un titre sur réclamation.
- En octobre 2026, DistroKid a retiré des titres après des réclamations d'Universal, dont un pour sample non autorisé, parfois sans préavis.
- Un son de banque peut quand même être repéré par Content ID : garde ton certificat de licence pour contester (Splice en fournit un en PDF).
Les pièges
- « Moins de 5 secondes, c'est libre » : faux.
- N'avoir que l'accord du label, ou que celui de l'éditeur : il faut les deux, sauf en re-play.
- Un son « libre de droits » trouvé sur YouTube, sans licence écrite : ne le sample pas.
- Revendre ou repartager des sons de banque isolés : interdit par les licences.
- Les samples générés par IA : les droits ne sont pas tranchés, et des procès sont en cours.
Sources : Code de la propriété intellectuelle, art. L121-1, L122-4, L122-5 4°, L212-3, L213-1 ; CJUE, 29/07/2019, Pelham, C-476/17 ; CJUE (grande chambre), 14/04/2026, Pelham, C-590/23, et communiqué ; Splice, FAQ des licences ; AWAL, « Clearing samples » ; iMusician ; Music Business Worldwide (10/2026). Consultés le 24/10/2026.
Prochaine étape : si tu coécris autour du sample, fixe les parts de chacun par écrit.
La split sheet →Informations générales mises à jour le 24/10/2026, pas un conseil juridique personnalisé. Pour un sample important, fais relire tes accords. · Mentions légales